Ecrits plats sur écrans encore
plus plats : La vie n est pas ici, mais dehors. A utiliser comme
une carte.
« Je caresse en remuant la
queue ceux qui me donnent quelque chose, j aboie contre ceux qui ne me donnent
rien et je mords les mécréants. »
Manifeste.
« Nous réclamons l aventure. Ne la trouvant plus sur
terre, certains s en vont la chercher sur la lune, sur mars. Nous misons d
abord et toujours sur un changement sur terre. Nous comptons rompre les lois
qui empêchent le développement d activités efficaces dans la VIE et dans la
culture. »
Nous sommes la vie sans pantoufles
ni parallèles. Nous savons que nous ne sommes pas libres et crions liberté et crachons sur l humanité. Nous ne voulons pas compter
les fenêtres de l élite merveilleuse, car nous ne sommes ni un groupement ni un
parti ni une secte.
Nous n existons pour personne et
nous voulons que tout le monde comprenne cela. Ceux qui appartiennent à nous
conservent leur liberté.
Nous ne reconnaissons aucune
théorie, aucun parti.
Il n y a pas de commencement et
nous ne tremblons pas, nous déchirons la vieille morale déjà en lambeaux et préparons le grand spectacle du
désastre, de l incendie, de la
décomposition où personne
ne sera plus spectateur.
Nous préparons la suppression du
deuil et remplaçons les larmes par la force.
Pavillons de joie intense et veufs
de la tristesse, du poison. Nous détruisons les tiroirs du cerveau et de l
organisation sociale.
Il n y a pas de dernière vérité.
Tout est à détruire. Et en cela déjà-mort.
Nous sommes vibrants pour
crucifier l ennui, ainsi sont nos actions. Ici nous avons le droit de proclamer
car nous avons connu les frissons et l éveil.
Quand bien
même sans droits, nous le ferions, nous le faisons.
Revenant ivres d énergie nous
enfonçons le trident dans la chair insoucieuse.
Nous regagnons la présence sur l absence à soi, sur l étrangeté
citoyenne, impériale.
Nous agissons dans le vol, dans la
fraude, dans le crime, dans l amitié, dans l inimitié, dans la conspiration,
dans le squat.
Concrètement, quotidiennement.
Nous défions toute autorité car l
interdit a meilleur goût que ce qu on nous force à avaler. Nous sommes sûrement
hors la loi. Ainsi nos rêves de piraterie, d aventures et de brigandage se
comblent de joie.
Nos rêves n ont plus à être
rêvés mais vécus.
Nous n avons que faire des
gémissements, nous ne ferons à personne la charité d une révolte sur mesure. Il
vous faudra tout reprendre par vous-même. Ce monde a besoin de vérités, non de consolation.
Nous n avons pas de doctrine fixe.
Il nous incombe de penser, d agir
uniquement selon nos désirs, nos sentiments de l instant, propres à chacun.
Ephémères et en renouveau constant.
« Une nouvelle force humaine, que le cadre existant ne
pourra pas dompter, s accroît de jour en jour »
Il est à défaire le mot d ordre
que « rien ne doit plus arriver »
En effet, plus rien ne se passe
qui ne soit prévu, attendu, déjà-vu, monotone jusqu à en devenir affligeant.
C est là une clé vers un retour à
la vie : que se
passent des choses inattendues, que nous
ayons capacité de créer des événements, des actions perturbant l ordre réglé tel une horloge. L ordre est à dissoudre en faveur
de l impromptu dans lequel s établit une qualité passionnelle réelle.
Nous prenons du dadaïsme son refus
des valeurs de la société établie (ou bourgeoise, pour en revenir au vieux
vocable) dans des attitudes, des discours délibérément imbéciles ; du
surréalisme sa tentative d actions constructives à partir de la révolte morale
de dada ; à d autres la perception des abcès de désirs et la compréhension
de la seule solution qui est dans la révolution, la révolte et la guerre sociale permanente. Guerre sociale
en vigueur maintenant et depuis toujours :
le monde d exploitant / exploité
CONTRE le vivant, le sensible.
Il n est pas de milieu, la gauche
statique, elle aussi est à combattre jusqu à son extrême.
On ne fait pas
avec son temps, mais pour ou
contre lui. Ça ne dépend pas.
Le vivant se doit de devenir plus
vivant.
Apparitions, occupations spontanées
où rien ne se passe :
Partout
et tout le temps.
« Les humains sont responsables du monde qu ils n ont
pas créé »
Le commun des mortels n a pas de
vie. Il la consomme sous forme de produits.
A force propagande publicitaire,
télévisuelle, gadgets électroniques, drogues, asservissement scolaire
OBLIGATOIRE, sites « interactifs », propagande anti-terroriste,
police (la police de la pensée existe bel et bien).
L être humain vit
une vie qui n existe pas.
Qui le détruit lui-même et
son environnement.
Ses seuls possibles sont le
vote comme seul jeu politique - délégation de tout pouvoir - sentiment d
impuissance totale inaction consommation réchauffement de la planète
prisons « détraqués mentaux » - OGM s maladies inacceptation de
soi (donc, encore une fois, consommation) cybernétique régnante sur la vie
réelle volonté unique d argent, d une « situation » confortable
(comme seules richesses possibles) urbanisme dédié à la seule vitesse des
automobiles, aux seuls déplacements vers les lieux de travail ou de loisirs
répression violente de la police criminalisation de toute forme de vie
extra-ordinaire
La liste n en finira pas, avec ce
qu on compte d indonésiens qui fabriquent tes Nike, de désert qui s accroît, d
animaux abattus sans relâche pour ton plaisir gustatif,
Il s agit de construire nos vies
comme des uvres d art sans duplication.
« Un jour, une société a tenté, par des moyens
innombrables et sans cesse répétés, d anéantir les plus vivants d entre ses
enfants. Ces enfants ont survécu. Ils veulent la mort de cette société »
Beaucoup se rendent compte du
désastre à ne plus subir. Les « Mais alors qu est-ce qu on peut faire, qu
est-ce que vous proposez, à quel parti faut-il souscrire ? » fusent
alors, représentatives de l enlisement dans la servitude.
La seule réponse qu il nous est
possible d apporter est « insoumet-toi, use de ton imagination, brise toute chaîne et tout mur
que tu rencontre, tue leurs bâtisseurs, même déguisés. Surtout ne te soumets
pas à un parti qui te dictera une conduite ! »
Expliquons.
Les partis de la politique
actuelle, quels qu ils soient, sont partie intégrante du désastre, ne font que
l aménager. Ce qu il nous faut est nous départir des schémas de la politique
classique, des anciennes idées.
Le combat du parti ouvrier contre
la bourgeoisie est une chimère (du moins dans nos pays occidentaux). Il n y a qu une neutralité, un néant enraciné en chacun.
Des gens plus ou moins fortunés,
esclaves plus ou moins heureux. Cela ne justifie pas l esclavage.
Nous sommes nés, nous désirons
vivre. Et nous vivons des
destins de mort.
Il s agit de
réactiver les morts, donner des secousses intenses de vie, d aventure
pour faire ressortir les âmes du trou noir où elles sont.
Libre initiative, absence de
référence et de révérence au parti maître. Anonymat.
Opposer concrètement aux
reflets du mode de vie capitaliste (le monde des déjà-morts), d autres modes de vie désirables.
Découvrir les nerfs, les
muscles et les os sous la peau. Montrer le monde dans sa naïveté, l existence
sous son allure farcesque, le réel dans son acception la plus cruelle.
Se créer sa propre idée du
bonheur se détacher des vielles idées reçues (et implantées par propagandes,
culture, enseignement,) et les saccager.
Présenter partout une alternative
révolutionnaire (et jamais réformiste) à la culture dominante (qui est une
absence de culture, une culture de mort)
Mettre en avant des
comportements expérimentaux.
Elargir la part non médiocre de
la vie,élargir la vie elle-même.
Graffitis, propagande par
tracts, irruptions impromptues là où l ordre règne. Créations d ambiances et de
climats propageant des idées révolutionnaires.
Vivre une vie aventureuse et la
partager.
« Nous vous attendons au tournant, qui est l
inévitable liquidation de ce monde.
Nous, c est nous et nos frères. L
intelligence doit devenir une affaire collective »